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L’Afrique, un vrai continent brassicole.

Etonnant

La bière est la première boisson alcoolisée consommée en Afrique.


Qu'elle soit fabriquée traditionnellement ou industriellement, la bière est au coeur de la vie sociale villageoise africaine.


Voyage aux racines de la bière

et de ses rites authentiques.


Production Africaine

66 millions d’HL


En 2003

4.46 %  


du marché mondial

           Le sorgho, toute l'Afrique dans une céréale


   Le sorgho provient d'une plante à grandes tiges qui ressemble à     celle du maïs. Cette céréale pousse sous des climats chauds et secs.

 On la retrouve dans de nombreuses recettes comme la fameuse bière de sorgho qui est devenue la bière traditionnelle africaine.

Aujourd'hui, elle joue un rôle social imminent : elle est de tous les marchés et de toutes les festivités. Éphémère, la bière de sorgho est consommée lorsqu'elle est encore en fermentation et ne peut-être conservée qu'une semaine.

Elle possède un faible degré d'alcool, ainsi qu'un goût et une couleur très caractéristiques dus à de fortes proportions d'amidon et de sucre.

Le sorgho est encore très souvent pilonné à la main.


                     La corporation des dolotières

            

    Ce sont les femmes, organisées en corporation, qui détiennent le   monopole du Dolo, la bière en calebasse. Les hommes ont juste le droit de venir dans les "cabarets" des dolotières pour consommer  leur production.

Le Dolo est conçu sur un schéma analogue à celui des bières blondes de fermentation haute.

On malte le sorgho, grâce à un trempage des grains qu'on laisse germer 4 jours, avant de les griller au soleil.

Une fois malté, le sorgho est mélangé à de l'eau et chauffé pour donner un moût sucré.

Le Dolo n'est ni pasteurisé ni filtré. Instable, il doit être consommé dès qu'il est fabriqué, sinon il risque de tourner à l'aigre.

       Sa mousse est rare et fragile.    

           " Cravatées " et " Calebassées "


On distingue deux types de bière en Afrique.

Les bières dites "cravatées" des brasseries. Les autres bières, dites "calebassées", sont brassées artisanalement par les villageois, élaborées et consommées à même la calebasse. La plus connue de ces bières de calebasse est le dolo, du Mali et Burkina Faso, au sorgho malté.


Une infinité de saveurs locales


Derrière chaque bière africaine se cache une céréale : le sorgho, mais aussi le mil, le blé, le riz, le maïs.

Certaines bières sont même élaborées avec des ingrédients peu habituels comme la farine de manioc, du jus de banane ou des racines

de Munkoyo ...

On obtient alors des bières aux goûts forts, très éloignés des

 standards européens.


           Un cadeau traditionnel au coeur des rituels


Signe de respect et d'hospitalité, la bière est présente à de multiples occasions.

Dans les tribus zoulous d'Afrique du Sud, elle est offerte pour souhaiter la bienvenue aux visiteurs.

Dans les mariages, la bière représente un cadeau que l'on donne à toute la famille.



Chez les Dogons, au Mali, la bière est au centre de joutes oratoires pour élire l'homme le plus puissant de l'assemblée des sages.

Dans des rituels plus anciens, la bière était versée dans des statuettes

de figures sacrées du village, pour les "nourrir".

Les pots à bière africain ne sont parfois pas plus gros

qu'un dé à coudre.  

Une bière 100 % sorgho de la Lorraine à l’Afrique

Un Franco-Rwandais, installé en Lorraine depuis presque une vingtaine d’années, vient de créer une bière qui pourrait apporter des solutions à de nombreux problèmes agricoles de son continent.

  « De grandes brasseries européennes comme Heineken se sont implantées en Afrique. Mais elles utilisent de l’orge importée massivement, ce qui n’a aucun intérêt pour l’agriculture et le commerce de là-bas. Ce ne sont donc pas des acteurs économiques. Elles viennent juste profiter de la consommation. »

  Michel Rubayiza était venu étudier en Belgique dans une école d’agronomie, dans les années 70, avant de retourner chez lui travailler dans l’encadrement des paysans. En 1994, il a fui le génocide pour se réfugier en France, à Nancy.

  Il a tenté d’imaginer une solution à certains problèmes que connaît l’agriculture de son pays, et plus largement de son continent : la création d’une bière 100 % au sorgho, en lieu et place de l’orge, pour que les producteurs africains soient sollicités. « J’en ai d’ailleurs fait une thèse sur la valorisation des produits agricoles à l’Institut national polytechnique de Nancy. Chez nous, on consomme des bières dans des calebasses, avec une hygiène hasardeuse, et qui ne se conservent pas beaucoup. C’est une sorte de soupe, sans mousse, très faiblement alcoolisée. Je me suis dit qu’il y avait là quelque chose d’intéressant à faire, d’autant que le sorgho occupe 40 % de la surface agricole du continent. »

  Le gros obstacle que Michel Rubayiza rencontre est d’ordre technique : cette céréale n’a pas les mêmes caractéristiques que l’orge, notamment dans le filtrage et la séparation des déchets du jus.

La clef

  « Je ne suis pas le premier à avoir cherché à résoudre ce problème. Au début, j’ai opté pour une bière 50 % sorgho et 50 % orge, car je n’y arrivais pas autrement. J’ai lancé des bouteilles sous la marque Sangano. J’ai d’ailleurs participé plusieurs fois au Salon Richement bière (à Richemont, près d’Amnéville ) et au Salon de l’Agriculture à Paris. Mais au final, ce fut un échec, car le produit était vraiment différent de ce que les buveurs avaient l’habitude de boire. Je me suis relevé de cet échec, car ça fait partie de la vie. »

  L’apprenti brasseur, qui déménage entre-temps dans le Pays-Haut, à Longlaville, à quelques kilomètres de la Belgique, le pays de la bière et ses précieuses installations, redouble d’efforts. Il expérimente dans la cuisine de son appartement, « avec l’accord de la patronne bien sûr », et avale des quantités de livres. Dans l’un d’eux, il découvre que le malt d’orge peut être remplacé par un tubercule produit en Afrique : la patate douce. C’est la clef qui manquait au mystère de la bière 100 % sorgho. Cette dernière voit le jour en 2012 entre les mains du Rwandais. « Ma bière, toujours nommée Sangano, va sortir en avril en France (hypermarchés, épiceries bio, car elle est sans gluten, etc.). Et je suis en train de proposer mon projet en Afrique, avec l’idée que des microbrasseries s’ouvrent un peu partout. Notre continent a une grande culture de la bière et un grand savoir-faire. »

  Le Mali et le Burkina Faso se sont déjà montrés intéressés. « Cela aurait de nombreux avantages, comme rendre indépendants les petits paysans de matières premières aux cours variables comme l’orge. J’y crois. »