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La Noire de...
de Sembène Ousmane (1966, en noir et blanc)

Film franco-sénégalais
 
Les débuts prometteurs d'un cinéaste engagé.

C'est le 1er film de Sembène Ousmane, figure emblématique du cinéma africain.

C'est aussi le 1er film africain à être primé lors de festival. 

La Noire est une Sénégalaise qui s'occupe des enfants d'un couple de Français installé à Dakar. Elle les suit à leur retour en France, s'occupe alors des tâches ménagères et se retrouve prisonnière dans l'appartement du couple.

On vit son sentiment d'isolement et de perte d'identité qui la conduit à regretter d'avoir quitté son pays natal.

Sembène Ousmane démarre avec ce film le combat de toute une vie : la lutte contre l'esclavage moderne des Noirs et leur soumission aux Blancs. 

Un film qui ne peut pas laisser indifférent sur des sujets toujours d'actualité !

La Noire de... s'appelle... L'actrice Thérèse M'Bissine Diop est devenue avec son premier rôle dans La Noire de... une figure de la femme libre du cinéma négro-africain.

Ce personnage, à la fois doux et rebelle, symbolise toute la révolte des femmes contre l'injustice de la colonisation. 

Être l'actrice de Sembène Ousmane fut pour elle à la fois un cadeau et un fardeau. Elle a souffert des critiques du public et de ses proches qui n'acceptaient pas qu'une Noire fasse du cinéma. Elle a également été cataloguée "actrice engagée". Elle n'a donc pas pu jouer autant qu'elle le souhaitait, faute de propositions.

Ezra
de Newton Aduaka (2006) Nigéria


Procès fratricide d’un enfant-soldat.

C’est vrai,  c’est une oeuvre qui renforce l’image d’une Afrique brutale et en proie à la guerre.

Si c’est aussi votre cas, passez votre chemin et ne regardez pas Ezra. Et pourtant, passées les premières scènes de combat, le thème du film se révèle bien plus intéressant qu’il n’y paraissait.

Car Ezra du nigérian Newton Aduaka est avant tout l’histoire d’un procès. Il pose à merveille une question bien embarrassante pour les juristes et pour les défenseurs des droits des enfants : comment juger un enfant qui a été enrôlé de force dans une milice et qui n’avait pas le contrôle de lui-même quand il a commis ses exactions ?

Une trame familiale aux accents shakespeariens

Sans révéler l’essentiel de l’intrigue, la beauté de ce film tient dans sa construction narrative et dans le drame familial qui se joue. Drogué et alcoolisé, Ezra tue ses parents sous les yeux de sa sœur. Le procès qui suit dans le cadre de l’opération « Vérité et réconciliation » les opposera dans un conflit fratricide au cours duquel la sœur d‘Ezra, meurtrie à jamais, devra surmonter ses remords et sa rancœur. Certes, ce film manque parfois de répit et d’un peu de subtilité. Certes, il est souvent trahi par son manque de moyens et par ses faiblesses techniques. Mais tout cela est assez vite compensé par l’ambition de cette histoire aux accents shakespeariens et au travail d’acteur remarquable.


Le Mandat

de Sembène Ousmane (2005) Film Franco-sénégalais


« Ici l’honnêteté est un délit »

Le Mandat, est une fresque fabuleuse de la nouvelle société sénégalaise corrompue après l'indépendance.

Un bout de papier fait exploser les hypocrisies d'un quartier prétendu solidaire.

Un jour, le facteur apporte à Ibrahima Dieng une lettre de son neveu, balayeur de rues à Paris, avec un mandat de vingt-cinq mille francs CFA. Ibrahima, sans travail et avec femmes et enfants, doit seulement garder 2 000 francs, le reste devant être remis à sa sœur.

Mais la nouvelle se répand dans le quartier... Femmes, voisins, famille voient dans cette promesse d'argent leur issue de secours.

Ibrahima ne refuse pas les crédits, les petits services : il se montre généreux. Seulement quand il veut toucher l'argent à la poste, on lui demande sa carte d'identité, qu'il ne possède pas. Et c'est le début d'une épopée dans les méandres d'une administration vénale et absurde... Où Ibrahima se retrouve victime d'un morceau de papier qui le laissera plus misérable qu'il n'était.

Sembène Ousmane pose un regard amusé et satirique sur ce mâle tout puissant qui se fait gruger, incapable de se défendre contre les malins de l'administration et les petits escrocs de son entourage.

Un regard touchant aussi, car au fil de l'histoire on s'attache à l'honnêteté naïve, mais salutaire de cet homme pris dans le filet inextricable des mensonges quotidiens. A travers ces errances, son odyssée, le masque tombe brutalement sur une société où tout le monde vole tout le monde. « Dans le pays, seuls les malins vivent bien ».


Cinéma

Baara,

de Souleymane Cissé (Mali) (1978)


Le vécu des couches vulnérables face aux nantis.

Les dures conditions de travail dans les entreprises installées en Afrique, et la corruption des patrons sont souvent à l'origine de multiples mouvements de débrayage observés çà et là. L'un des plus grands mérites du film Baara du cinéaste malien Souleymane Cissé est d'offrir une copie de la vie africaine comme on ne l'a pas souvent vu sur les écrans. La suite ordonnée des images vivantes en est une illustration.

"Baara" qui signifie "porteur de bagages". Le regard plongé de "Baara" dans l'obscurité (il tourne le dos à la caméra) exprime fort bien les sentiments de ce dernier, jeune paysan de son état et qui désormais doit gagner sa vie comme porteur dans une usine, ce qui lui a valu d'être surnommé "Baara".

Ce film a valu au cinéaste malien l'Étalon de Yennenga, grand prix du Festival Panafricain de Cinéma de Ouagadougou (Fespaco) en 1978. À ce jour, Souleymane Cissé est le seul cinéaste qui a remporté deux fois l'Étalon de Yennenga. Puisque, après Baara, la sortie du film Finyè (Le vent, 1982) du même réalisateur a multiplié les récompenses : Étalon de Yennenga au Fespaco en 1983, Tanit d'Or au Festival de Carthage, Sélection officielle au Festival de Cannes 1982. Il s'agit d'une chronique sur la révolte des étudiants maliens face au pouvoir militaire.


JE CHANTERAI POUR TOI    

Jacques Sarasin (2001)

Jacques Sarasin part sur les traces du chanteur Boubacar Traoré, entre les foyers d’immigrés de la région parisienne et les villes du Mali.


A la radio, dans les années soixante, Boubacar Traoré réveille chaque matin le Mali en chantant l'indépendance.

Il fait danser tous les jeunes sur ses tubes mais sa musique est uniquement diffusée par la radio et il n'a pas un sous en poche. Il pose alors sa guitare et commence à travailler comme tailleur et commerçant pour nourrir sa famille.

Quelques années plus tard, un drame le frappe : Pierrette, sa femme aimée décède. KarKar ne s'en remet pas et s'exile en France. Il travaille dans le bâtiment et chante dans les foyers d'immigrés de la région parisienne où il passe sa vie.

Au Mali, on le croit disparu à jamais.

Quelques années plus tard, un producteur phonographique écoute un vieil enregistrement……….

La fin du film, « Karkar », de sa voix rauque inimitable entonne : « Tu peux être un roi chez toi, mais dès que tu es immigré, tu es n’importe quoi ». Tout est dit.

Et aussi de superbes images, le fleuve Niger, le pays Dogon et les falaises de Bandiagara et encore de la musique dont un morceau en compagnie d’Ali Farka Touré : grandiose !!!


Africain