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S.A.E.D : Société d'Aménagement du Delta.

Créé à la suite de la réalisation des barrages sur le fleuve Sénégal, elle devait mettre en place des structures d'irrigation, pour palier à l'absence, désormais chronique des crues naturelles, causée par les barrages (notamment celui de Manentali, en amont). Son action dans la région de Podor a été pratiquement nulle.

Comme on dit là-bas : " la SAED, ça aide pas".


(Extrait de la contribution de Mr Abdouramane NIANG, 
membre de l’association pour le Développement 
aux journées culturelles de l’ADPO, 1997)

"... Notre pays le Sénégal d'avant l'indépendance, était le Territoire Français du Sénégal.
Le 1er établissement de la France au Sénégal remonte en 1626.

Installés à Saint-Louis  qui jouera un rôle dans la pénétration coloniale, les Français, appréciant l'importance du site, ne  manquèrent pas d'y faire des investissements importants.

Les voies maritimes et fluviales étant les principales voies de pénétration, Podor, ville portuaire, devait également faire connaissance avec les bateaux à vapeur et jouer le rôle principal de liaison entre la CARAVELLE et la CARAVANE, entre le transport maritime et le transport saharien.

A la croisée des voies fluviales et maritimes, à la croisée de la transsaharienne, Podor, centre de transit par excellence, jouait un rôle très important dans l'intégration économique. En même temps que les commerçants français inondaient le marché africain de produits manufacturés et autres denrées de première nécessité, fidèles à leur politique mercantiliste, ils s'accaparaient à peu de frais les matières premières locales.


Il est certain que là où des biens sont entreposés, des mesures d'accompagnement, notamment la création d'un poste militaire, devaient être prises.
Ainsi fut édifié par le Général
FAIDHERBE un FORT qui porte toujours son nom : "avec une garnison de 150 à 200 hommes, ce fort sera à même de résister à tout le Fouta réuni dans la plaine de Podor".
Site stratégique, centre commercial et d'échanges, voie de passage, lieu de résidence de l'autorité administrative, du commandement militaire abrité dans une fortification légendaire, port fluvial, lieu de rencontres multi-culturelles, chef lieu du cercle du même nom,
Podor a vécu un développement économique et a bien mérité son rôle dans le tissu économique d'alors par ses apports propres au niveau du territoire sous domination coloniale.


Notre pays, le Sénégal, a accédé à la souveraineté nationale en 1960.

L'indépendance était incompatible avec la présence sur son sol du symbole de la domination. Le 1er Régiment de Tirailleurs Sénégalais était vide. Le mutisme du clairon qui rythmait avec les appels des muezzins la vie des populations créa quelque peu un sentiment de malaise, surtout chez les anciens.

Quelques temps après, les maisons de commerce, les fameux comptoirs français, fermèrent boutique. Conséquemment à cette fermeture des comptoirs, les bateaux ne jetaient plus l'ancre à Podor. Les magasins pouvaient se vider, la Mauritanie et le Mali avaient accédé à l'indépendance.

Fini le transit !

Un peu moins d'une décennie, jusqu'en1969, les choses semblaient bien marcher.


Alors, "Vive l'Indépendance !" est-on tenté de crier.


1970, 1971, 1972, 1973 : en quatre ans, le rideau d'une pièce de théâtre en quatre tableaux tomba brusquement.

Prenant tout le monde au dépourvu.
Le vocabulaire s'enrichit de mots nouveaux pour traduire les nouveaux maux :
avancée du désert, déforestation, désertification ; des mots épouvantables qui terrorisent beaucoup plus que le désert dont on avait une vague appréciation tellement il était loin de nous.


Réveil brutal : le désert était à nos portes !


Un cortège de malheurs s'abattit sur la ville ! Les grains s'épuisaient, les greniers se vidaient et, malheur, la pluie et la crue n'étaient pas au rendez-vous ! Les maisons de commerce fermées ! Le cheptel décimé ! Le poisson disparu !


Le spectacle était désolant. Les cadavres des bovins, des ovins et des caprins jonchaient le parcours des animaux décharnés à la recherche d'une herbe, même sèche, hélas inexistante. Les sols des terres de culture des Koladés des rives droite et gauche offraient une surface craquelée.


Par incompréhension du rôle de la S.A.E.D, les populations de Podor, vivant dans l'espérance que l'inondation allait sans doute revenir, n'avaient pas voulu, ou n'avaient pas obtenu les assurances nécessaires pour tenter l'expérience des cultures irriguées.

Podor vivait au bord de la famine.


Malnutrition et sous-alimentation préparaient le lit d'autres maladies.
Le vocabulaire s'enrichit d'un mot nouveau pour atténuer les maux du peuple innocent.


O.N.G = Organisation Non Gouvernementale.

A l'époque les secours arrivaient, soulageaient les populations.

Mais il faut reconnaître que les actions humanitaires, les dons et charité ne peuvent en aucun cas remplacer le développement économique.
L'action des
O.N.G à l'époque et même encore actuellement, ne peut être la solution, la clé de voûte d'un processus de développement.Sauf si éventuellement il y a une reconversion dans la démarche et une re-définition des O.N.G dans leurs rapports avec les collectivités et les groupes sociaux ...."

Podor, d’Hier à Aujourd’hui

Mr Niang